par Ge Lijun et Bridget Hwasheni
L’Exposition internationale d’importation de la Chine permet de promouvoir les exportations africaines vers la Chine

L’exposition de produits d’Afrique du Sud à la deuxième ClIE de Shanghai.
Vu la distance, Ashraf El-Adawi ne s’est jamais imaginé exporter ses oranges vers la Chine. Fondée en 1985, la société égyptienne Nile Establishment for International Trade n’a commencé à le faire qu’en 2015.
En tant que responsable de l’entreprise, M. El-Adawi a d’abord effectué plusieurs visites en Chine pour en prospecter le marché. Ces deux dernières années, l’Exposition internationale d’importation de la Chine (CIIE) lui a fourni l’opportunité de rencontrer des partenaires dans le secteur des agrumes. Il considère par ailleurs le marché chinois très prometteur et a décidé d’accro?tre progressivement la production de son entreprise.
Il en va ainsi pour un grand nombre de commer?ants africains qui, grace à la CIIE, introduisent des produits de qualité pour les consommateurs chinois.
Pourtant, entrer sur ce grand marché n’est pas chose facile. ? Les importateurs chinois exigent une très haute qualité. Nous avons donc d? moderniser nos machines pour répondre à leurs exigences ?, a indiqué M. El-Adawi.
Depuis 2018, dans le but de participer à la première CIIE, l’entreprise a injecté environ 4,2 millions de dollars dans l’achat de machines et la formation de ses employés. ? L’exportation en Chine nous a exhortés à superviser les premières étapes du processus de plantation dans nos exploitations afin de garantir une qualité élevée et d’augmenter notre capacité de production ?, a-t-il poursuivi.
Nile Establishment for International Trade a exporté 14 000 tonnes d’oranges vers la Chine au cours de l’année 2018-2019, contre 7 000 tonnes l’année précédente. L’entreprise vise à exporter 28 000 tonnes en 2019-2020.
Les commer?ants africains comme M. El-Adawi ont tiré profit de la CIIE. Elle est considérée comme une opportunité pour l’Afrique visant à promouvoir des produits fabriqués sur le continent pour le marché international.
Dieudionne Twahirwa, directeur général de Gashora Farm, un producteur de piment du Rwanda destiné à être exporté en Chine, a souligné que la CIIE lui offrait une plateforme pour développer son activité et exporter davantage de piment rwandais dans le monde.
Le 13 septembre, la société rwandaise a signé un contrat de 500 millions de dollars pour vendre du piment sec à la Chine sur cinq ans, après avoir participé à la première Exposition économique et commerciale sino-africaine qui s’est déroulée en juin dernier à Changsha, dans la province du Hunan, en Chine centrale. ? C’est la deuxième fois que je participe à la CIIE. Lors de la première édition, j’ai découvert le marché chinois et l’ai utilisé comme une opportunité de développement en Asie. Je me suis alors rendu compte que la Chine était la meilleure option pour me développer ?, a confié M. Twahirwa à CHINAFRIQUE.
Il explique cependant qu’il n’est pas facile de pénétrer le marché chinois. ? En plus de fournir les bons documents pour pouvoir exporter, nous avons également eu des problèmes d’expédition. En outre, nous avons d? avant tout étudier le marché chinois, car il se distingue des autres marchés internationaux auxquels nous fournissons déjà du piment. Nous devions également réfléchir au meilleur timing pour l’approvision- nement ?, s’est-il souvenu.
L’année dernière, M. Twahirwa a signé un accord pour exporter vers la Chine 1 500 barils contenant 37 000 litres d’huile de piment d’une valeur de 2 millions de dollars. L’accord a été conclu en marge de la première CIIE qui s’est tenue en novembre 2018 à Shanghai.
Les exportateurs africains sont dorénavant optimistes, car une nouvelle initiative a vu le jour pour résoudre le genre de difficultés que M. Twahirwa a rencontrées.
Afin d’augmenter les exportations de l’Afrique vers la Chine, le Standard Bank Group, la plus grande institution de services financiers d’Afrique, a lancé l’Initiative d’exportation sino-africaine (IESA) lors de la deuxième CIIE pour aider les exportateurs africains à pénétrer le marché chinois.

Dieudionne Twahirwa présente les produits de son entreprise à la deuxième CIIE à Shanghai, le 8 novembre.
L’IESA permettra aux clients exportateurs africains de la zone d’opérations du Groupe Standard Bank de trouver les importateurs chinois appropriés, et fournira également des conseils tout au long du processus. ? Le groupe espère que l’IESA permettra au moins à un produit national de chaque pays africain de figurer sur la liste des produits d’exportation approuvés par la Chine. L’Afrique doit profiter également de cette occasion pour atténuer les déséquilibres commerciaux ?, a souligné Manessah Alagbaoso, responsable de l’intégration Chine-Afrique du Standard Bank Group.
En plus d’offrir des opportunités d’affaires aux entreprises africaines, l’exposition a eu d’autres répercussions.
En tant que deuxième économie du continent africain, l’Afrique du Sud a participé à la première CIIE l’an dernier, signant plusieurs contrats pour un montant total de 55,07 millions de dollars. Le nombre d’entreprises sud-africaines participant à la seconde exposition est passé de 22 à 32, dont 20 petites et moyennes entreprises des secteurs alimentaire, agricole et des objets d’artisanat. Elles ont désormais un point d’ancrage en Chine.
Le 5 novembre, le premier jour de l’exposition, la cérémonie d’ouverture du centre d’opération du port de commerce de l’Afrique du Sud s’est tenue à Shanghai. Le centre est une plateforme d’incubation d’entreprises, dont les services sont principalement destinés aux petites et moyennes entreprises sud-africaines. Il peut aider leurs produits à être promus rapidement en Chine, de sorte que les consommateurs chinois puissent les acheter à bon prix. ? à l’occasion de la CIIE, le lancement de ce centre est très important. Nous nous attendons à ce que l’emploi augmente dans notre pays, car il s’agit d’un problème préoccupant, et que l’économie se développe. Basé sur le port à Shanghai, le modèle s’étendra également dans d’autres régions de la Chine ?, a expliqué à CHINAFRIQUE Rosemary Nokuzola Capa, vice-ministre du Développement des petites entreprises de l’Afrique du Sud.
Faisant écho à ces propos, Li Linguo, responsable du centre d’opération, a annoncé qu’en plus de Shanghai, le port de commerce sud-africain se déploiera dans d’autres villes chinoises, telles que Changsha dans la province du Hunan.
? Les ports de commerce facilitent non seulement l’importation de marchandises sud-africaines, mais également l’achat des fabricants sud-africains, ce qui créera de nouveaux débouchés pour les exportations de produits africains ?, a-t-il expliqué, en ajoutant qu’après la CIIE, le 11 novembre, le port de commerce à Yiwu dans la province du Zhejiang a été ouvert.